Quelles plantes pour la thyroïde ? Le guide de l'herboriste pour l'hyperthyroïdie et l'hypothyroïdie

Publié le : 20/05/2021 - Catégories : Conseils de votre herboriste

Nous sommes nombreux à être un jour concernés par un dérèglement de la thyroïde. Cette petite glande, à la base du cou, régule pourtant l'ensemble de notre métabolisme - poids, énergie, humeur, rythme cardiaque - et son emballement (hyperthyroïdie) comme son ralentissement (hypothyroïdie) peuvent avoir un retentissement important sur le quotidien. Chez l'herboristerie Louis, nous avons sélectionné les plantes et nutriments les mieux documentés pour accompagner ces deux situations, toujours en complément - jamais en remplacement - d'un suivi médical adapté.

Un mot sur notre méthode : chaque remède présenté ici a fait l'objet d'une recherche dédiée dans la littérature scientifique. Plusieurs plantes fréquemment citées ailleurs pour la thyroïde ont été volontairement écartées de ce guide, faute de la moindre étude reliant leur usage à cette glande. Nous préférons un article plus court et défendable qu'une liste longue et approximative.

Ces remèdes de phytothérapie sont des compléments d'hygiène de vie traditionnels et ne se substituent en aucun cas à un avis ou un traitement médical, conformément à l'article L.4161-1 du Code de la santé publique relatif à l'exercice illégal de la médecine. Un dérèglement thyroïdien nécessite toujours un diagnostic biologique (dosage de la TSH) et un suivi par un médecin ou un endocrinologue : ne jamais interrompre ou modifier un traitement thyroïdien de votre propre initiative.

Réponse rapide

  • En cas d'hyperthyroïdie : le lycope (Lycopus europaeus) est la plante la mieux documentée pour accompagner une thyroïde trop active, en complément d'un suivi médical.
  • En cas d'hypothyroïdie : le fucus (varech), riche en iode naturel, et l'ashwagandha, qui dispose d'un essai randomisé contre placebo, sont les alliés les plus étayés.
  • La règle d'or : ces plantes peuvent modifier les résultats des analyses thyroïdiennes - parlez-en systématiquement à votre médecin avant toute cure, surtout si vous êtes déjà traité.

Sommaire

Remède Nom latin Indication Forme usuelle
LycopeLycopus europaeusHyperthyroïdieTeinture-mère
Cornouiller sanguin / viorneCornus sanguinea / Viburnum lantanaHyperthyroïdie (usage traditionnel)Macérat de bourgeon
MélisseMelissa officinalisHyperthyroïdieTeinture-mère
Fucus (varech)Fucus vesiculosusHypothyroïdieGélules
AshwagandhaWithania somniferaHypothyroïdie infracliniquePoudre
GugulCommiphora mukulHypothyroïdie (donnée animale)Gélules

1. Comprendre la thyroïde : hyperthyroïdie et hypothyroïdie

La glande thyroïde, située à la base du cou, produit deux hormones - la T3 (triiodothyronine) et la T4 (thyroxine) - qui influencent presque tous les organes : humeur et système nerveux, régulation thermique, système cardiovasculaire, pression artérielle, solidité osseuse, poids et métabolisme, cholestérol et glycémie, transit intestinal, respiration. L'hyperthyroïdie résulte d'une production hormonale excessive, qui accélère le métabolisme ; l'hypothyroïdie provient au contraire d'une production insuffisante, qui le ralentit. Dans les deux cas, seul un dosage sanguin de la TSH (et, si besoin, des anticorps anti-TPO pour rechercher une origine auto-immune comme la thyroïdite de Hashimoto) permet de poser un diagnostic fiable.

2. Hyperthyroïdie : symptômes et signes d'alerte

Une thyroïde trop active peut se traduire par une perte de poids rapide sans modification de l'alimentation, des insomnies et une irritabilité inhabituelle, des diarrhées, des palpitations cardiaques, ainsi qu'une intolérance à la chaleur avec hypersudation. Ces signes doivent conduire à une consultation médicale et un bilan thyroïdien avant toute automédication. Vous retrouverez les produits correspondant à ce terrain dans notre rubrique hyperthyroïdie.

3. Le lycope, plante de référence en cas d'hyperthyroïdie

Vivace de la famille des Lamiacées, le lycope (Lycopus europaeus) est la plante traditionnellement la plus utilisée pour accompagner une thyroïde hyperactive, en particulier contre les palpitations et la nervosité associées. C'est aussi, parmi les plantes de ce guide dédiées à l'hyperthyroïdie, la seule à disposer de données cliniques chez l'être humain (voir la section consacrée à la science).

Comment l'utiliser ? En teinture-mère, généralement autour de 15 gouttes matin et soir, en cure de 3 semaines - toujours en respectant la posologie indiquée sur le flacon.

Précautions : à l'inverse de son indication, le lycope est déconseillé en cas d'hypothyroïdie, de myxœdème ou de goitre, ainsi que pendant la grossesse, l'allaitement et chez l'enfant. Il ne doit jamais être associé à un traitement thyroïdien sans avis médical, le risque étant une interaction directe avec le dosage hormonal.

Astuce : le lycope agit sur le même mécanisme que la mélisse (inhibition de la fixation de la TSH sur ses récepteurs) - les deux plantes sont parfois associées en cure courte, toujours sous contrôle médical.

4. Cornouiller sanguin et viorne, le soutien de la gemmothérapie

En gemmothérapie, le macérat de bourgeon de cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) est traditionnellement associé au soutien cardio-circulatoire, souvent mis à contribution en cas de palpitations liées à une hyperthyroïdie ; le bourgeon de viorne (Viburnum lantana) est quant à lui traditionnellement utilisé pour apaiser le système nerveux et respiratoire dans ce même contexte.

Le niveau de preuve, en toute transparence : ces deux indications reposent sur les répertoires classiques de gemmothérapie (travaux de Pol Henry, puis de Max Tétau), pas sur des essais cliniques. Une recherche dédiée dans la littérature scientifique ne retrouve aucune étude, même préliminaire, reliant ces deux bourgeons à la fonction thyroïdienne. Nous les mentionnons parce qu'ils font partie de la tradition herboriste française et que cette tradition est identifiable et documentée, mais leur statut n'est pas comparable à celui du lycope ou de l'ashwagandha.

Comment l'utiliser ? En gouttes, pures ou diluées dans un peu d'eau, 1 à 3 prises quotidiennes, en cure de 3 semaines renouvelable après une semaine de pause.

Précautions : respecter la posologie indiquée sur l'étiquette du macérat choisi ; comme toute gemmothérapie, prudence chez la femme enceinte ou allaitante et chez l'enfant, sauf avis contraire d'un professionnel.

Astuce : ces deux bourgeons peuvent être alternés selon la prédominance des symptômes (palpitations ou nervosité), en cures successives plutôt que simultanées.

5. La mélisse, pour apaiser une thyroïde trop active

La mélisse (Melissa officinalis) partage avec le lycope un mécanisme d'action documenté en laboratoire : ses extraits limitent la fixation de la TSH sur ses récepteurs thyroïdiens, ce qui en fait une alliée traditionnelle en cas d'hyperthyroïdie - avec, en prime, un effet apaisant sur la nervosité qui accompagne souvent ce déséquilibre.

Comment l'utiliser ? En teinture-mère, généralement autour de 15 gouttes matin et soir après les repas, en cure de 25 jours avec une semaine de pause ; ou en tisane de mélisse en partie aérienne coupée, à raison de 2 g de feuilles séchées par tasse, 3 tasses par jour après les repas.

Précautions : contre-indiquée pendant la grossesse et l'allaitement, ainsi qu'en cas de glaucome. C'est précisément ce même mécanisme d'action qui rend la mélisse déconseillée - ou à utiliser avec prudence - en cas d'hypothyroïdie, où l'on cherche au contraire à soutenir la fonction thyroïdienne.

Astuce : une tisane de mélisse en soirée cumule cet effet et son action apaisante sur le sommeil, souvent perturbé en cas d'hyperthyroïdie.

6. Hypothyroïdie : symptômes et signes d'alerte

À l'inverse, une thyroïde ralentie entraîne le plus souvent une prise de poids inexpliquée, une fatigue persistante, une frilosité inhabituelle, une chute de cheveux et une constipation - ce dernier symptôme pouvant être accompagné par les plantes de notre catégorie digestion difficile. Comme pour l'hyperthyroïdie, ces symptômes justifient un dosage de la TSH avant toute démarche naturelle.

7. Le fucus (varech), l'algue riche en iode

Le fucus, ou varech (Fucus vesiculosus), est une algue brune naturellement riche en iode organique, oligo-élément indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes. C'est la référence traditionnelle en cas d'hypothyroïdie par carence d'apport.

Précision utile : l'espèce Laminaria japonica (kombu), parfois citée dans la littérature traditionnelle pour un usage similaire, n'est pas disponible à ce jour dans notre catalogue sous cette espèce précise ; nous proposons à la place le fucus, l'algue riche en iode la mieux documentée parmi celles que nous pouvons garantir.

Comment l'utiliser ? En gélules, généralement 1 par jour à jeun, en cure de 3 semaines avec une semaine de pause - toujours en respectant la posologie du fabricant.

Précautions : déconseillé en cas d'hyperthyroïdie, de pathologie cardiaque ou rénale, de grossesse et d'allaitement, en raison de sa teneur en iode. Point de vigilance important : en cas de thyroïdite auto-immune de Hashimoto, un excès d'iode peut au contraire aggraver l'atteinte thyroïdienne - des travaux récents montrent qu'une charge iodée excessive favorise l'apoptose des cellules folliculaires thyroïdiennes. Un dosage sanguin de l'iodémie et l'avis d'un médecin sont recommandés avant toute cure, en particulier dans ce contexte auto-immun.

Astuce : l'apport en iode doit rester modéré - plus n'est pas toujours mieux pour la thyroïde, un excès pouvant être aussi problématique qu'une carence.

8. L'ashwagandha, l'adaptogène ayurvédique

L'ashwagandha (Withania somnifera), pilier de la médecine ayurvédique, est la plante de ce guide qui dispose du meilleur niveau de preuve pour l'hypothyroïdie : un essai randomisé en double aveugle contre placebo, conduit chez des patients en hypothyroïdie infraclinique.

Comment l'utiliser ? En poudre, généralement 1 cuillère à café par jour diluée dans de l'eau ou une compote.

Précautions : interactions possibles avec les antidépresseurs ; déconseillée en cas d'hyperthyroïdie (son effet va dans le sens d'une stimulation thyroïdienne), d'hémochromatose, de troubles intestinaux, ainsi que pendant la grossesse et l'allaitement. Point de vigilance : l'ashwagandha est reconnue pour son effet immunomodulateur - en cas de maladie thyroïdienne auto-immune (thyroïdite de Hashimoto, maladie de Basedow), demandez l'avis de votre médecin avant toute cure.

Astuce : les effets sur la thyroïde se manifestent progressivement - dans l'essai disponible, l'amélioration a été mesurée après 8 semaines. Un bilan de contrôle avec votre médecin permet de vérifier l'évolution.

9. Le gugul, la gomme-résine indienne

Le gugul (Commiphora mukul) est une gomme-résine - et non une plante au sens strict - issue d'un arbuste originaire d'Inde. La médecine ayurvédique l'utilise traditionnellement pour soutenir le métabolisme et l'équilibre lipidique.

Le niveau de preuve, en toute transparence : une étude animale a montré que l'administration d'extrait de gugul augmentait la concentration de T3 et le rapport T3/T4 chez la souris. C'est une donnée préclinique intéressante, mais elle n'a jamais été confirmée chez l'être humain. À l'inverse, le seul essai randomisé disponible chez l'humain, mené sur le cholestérol, a rapporté deux cas de troubles thyroïdiens possibles parmi les participants traités. Le gugul doit donc être abordé avec prudence, et non comme un stimulant thyroïdien établi.

Comment l'utiliser ? En gélules, en respectant strictement la posologie indiquée sur l'emballage.

Précautions : ne jamais dépasser les doses recommandées ; des effets indésirables digestifs légers ont été rapportés, ainsi que de rares perturbations thyroïdiennes. En parler à votre médecin est indispensable en cas de traitement thyroïdien en cours.

Astuce : mieux vaut une cure courte et bien suivie, encadrée par un contrôle biologique, qu'une prise prolongée sans avis médical.

10. Alimentation : adapter son assiette selon hyper ou hypothyroïdie

L'alimentation est un pilier complémentaire, jamais un substitut au traitement médical.

En cas d'hyperthyroïdie - l'accélération du métabolisme augmente l'oxydation cellulaire : privilégiez les fruits et légumes riches en antioxydants, et limitez les excitants (café, boissons caféinées, thé, cacao) qui majorent les palpitations et la nervosité déjà présentes. Il n'est pas nécessaire de rechercher un apport supplémentaire en iode (algues, sel iodé) dans ce contexte.

En cas d'hypothyroïdie - adoptez une alimentation à index glycémique bas (fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses), et veillez à un apport suffisant en iode (poissons, fruits de mer, produits laitiers, sel enrichi en iode - avec modération) et en vitamine B12 (viandes, poissons, œufs, produits laitiers, ou céréales et boissons végétales enrichies pour les régimes végétaux). Les légumes crucifères (chou, brocoli, navet...) contiennent des composés goitrogènes qui peuvent freiner la captation de l'iode par la thyroïde : consommez-les de préférence cuits plutôt que crus, et sans excès, en cas d'hypothyroïdie déjà installée - à l'inverse de l'hyperthyroïdie, où cette même famille de légumes peut être consommée sans restriction particulière.

Une carence en vitamine B12 étant fréquemment associée à l'hypothyroïdie, un complément ciblé peut être envisagé après avis médical ou dosage sanguin. L'ensemble des produits adaptés à ce terrain est réuni dans notre catégorie hypothyroïdie.

11. Sélénium et zinc, les oligo-éléments clés (et leurs limites)

Le sélénium et le zinc contribuent tous deux au fonctionnement normal du système immunitaire et interviennent dans le métabolisme thyroïdien (le sélénium est indispensable à l'activation de l'hormone T4 en T3). On les trouve naturellement dans les noix du Brésil et le jaune d'œuf pour le sélénium, l'huître, le foie, le germe de blé et le sésame pour le zinc.

Point de vigilance important sur le sélénium : contrairement à une idée répandue, la complémentation en sélénium n'est pas systématiquement bénéfique en cas de thyroïdite de Hashimoto. Une large cohorte rétrospective récente, portant sur plusieurs milliers de patients appariés, a associé la supplémentation en sélénium chez des patients sans carence confirmée à des taux d'anticorps anti-TPO plus élevés, à davantage de pathologies auto-immunes et à une mortalité toutes causes accrue. Un dosage sanguin préalable du sélénium est donc recommandé avant toute cure, en particulier en cas de thyroïdite auto-immune, et cette décision revient à votre médecin.

Comment utiliser le zinc ? En gélules, en respectant strictement la posologie indiquée sur l'emballage du produit choisi - un apport en zinc au-delà des besoins journaliers peut interférer avec l'absorption du cuivre ; l'avis d'un pharmacien est recommandé pour toute cure prolongée.

12. L'astuce de l'herboriste : hygiène de vie et gestion du stress

Le stress chronique sollicite fortement l'axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien et peut accompagner un déséquilibre déjà installé, qu'il soit hyper ou hypothyroïdien.

  • Le matériel : aucun matériel spécifique - simplement un moment calme chaque jour.
  • L'application : 10 minutes de cohérence cardiaque (respiration lente, environ 6 cycles par minute) ou de relaxation, associées à un sommeil régulier et suffisant.
  • La durée : à intégrer quotidiennement, en particulier pendant les périodes de cure des plantes présentées ci-dessus.

Le conseil en plus : l'activité physique douce et régulière (marche, yoga) soutient l'équilibre général et la gestion du stress, sans solliciter excessivement un métabolisme déjà déséquilibré. Un apport en magnésium, comme le citrate de magnésium, est souvent utile sur ce terrain nerveux ; l'ensemble de nos plantes de la catégorie stress et équilibre émotionnel peut également accompagner cette démarche.

13. Ce que dit la science : les preuves cliniques

D'après la littérature scientifique répertoriée sur PubMed, voici l'état réel des connaissances, remède par remède.

Lycope et mélisse. Des travaux princeps ont montré que les extraits de Lycopus europaeus et de Melissa officinalis forment avec la TSH des complexes qui l'empêchent de se fixer sur ses récepteurs thyroïdiens, et inhibent également les immunoglobulines stimulant la thyroïde caractéristiques de la maladie de Basedow (Auf'mkolk et al., 1985, DOI 10.1210/endo-116-5-1687) ; les principes actifs responsables ont été identifiés comme des produits d'oxydation de dérivés de l'acide dihydroxycinnamique, dont les acides caféique et rosmarinique (Auf'mkolk et al., 1985, DOI 10.1210/endo-116-5-1677). Il s'agit de travaux in vitro, pas d'essais chez le patient.

Chez l'être humain, le lycope dispose de données cliniques propres : une étude prospective ouverte a mesuré une augmentation significative de l'excrétion urinaire de T4 et une diminution des symptômes associés à l'hyperthyroïdie légère, avec une bonne tolérance (Beer et al., 2008, DOI 10.1016/j.phymed.2007.11.001). Une étude de suivi en médecine générale portant sur 403 patients présentant une hyperthyroïdie légère a retrouvé une amélioration symptomatique nettement supérieure à celle du groupe non traité (Eiling et al., 2012, DOI 10.1007/s10354-012-0167-z). Ces travaux sont ouverts, sans placebo : leur niveau de preuve reste inférieur à celui d'un essai randomisé en aveugle.

Ashwagandha. C'est le remède le mieux étayé de ce guide : un essai prospectif randomisé en double aveugle contre placebo, mené chez 50 patients en hypothyroïdie infraclinique, a montré une amélioration significative de la TSH, de la T3 et de la T4 après 8 semaines de traitement, avec peu d'effets indésirables (Sharma et al., 2017, DOI 10.1089/acm.2017.0183). L'effectif reste modeste et les auteurs qualifient eux-mêmes leur travail d'étude pilote.

Gugul. Une étude animale a montré que l'administration d'extrait de gugul augmentait la concentration de T3 et le rapport T3/T4 chez la souris, sans modifier la T4 (Panda & Kar, 1999, DOI 10.1016/s0024-3205(99)00369-0). Aucune confirmation humaine n'existe à ce jour. Le seul essai randomisé contrôlé disponible chez l'humain, mené sur l'hypercholestérolémie, a par ailleurs rapporté deux cas de troubles thyroïdiens possibles parmi les 18 participants traités (Nohr et al., 2008, DOI 10.1016/j.ctim.2008.07.001).

Iode et thyroïdite de Hashimoto. Des travaux expérimentaux montrent qu'une charge iodée excessive induit l'apoptose des cellules folliculaires thyroïdiennes par activation d'une voie de réponse à l'hypoxie, ce qui constitue un facteur de risque documenté dans le développement de la thyroïdite de Hashimoto (Zhang et al., 2023, DOI 10.1007/s11033-023-08273-z). C'est la raison pour laquelle le fucus ne doit pas être pris à l'aveugle dans ce contexte.

Sélénium. Une vaste étude de cohorte rétrospective sur registre international, avec appariement par score de propension (2 347 patients par groupe), a associé la supplémentation en sélénium chez des patients atteints de thyroïdite de Hashimoto sans carence documentée à des taux de TSH, de T4 libre et d'anticorps anti-TPO plus élevés, à une incidence accrue de pathologies auto-immunes et à une mortalité toutes causes augmentée (Toraih et al., 2026, DOI 10.1002/edm2.70239). Les auteurs soulignent eux-mêmes la principale limite de leur travail : l'absence de mesure du statut en sélénium à l'inclusion. Ces résultats invitent néanmoins à ne pas supplémenter sans dosage préalable.

Ce que nous n'avons pas trouvé. Aucune étude, même préliminaire, ne relie les huiles essentielles de myrrhe ou d'épinette noire à la fonction thyroïdienne ou surrénalienne, alors que ces deux remèdes sont fréquemment cités pour cette indication. Nous les avons donc écartés de ce guide. De même, la gemmothérapie de viorne et de cornouiller sanguin ne repose sur aucune donnée expérimentale identifiée, seulement sur les répertoires classiques - ce qui est signalé explicitement dans la section correspondante.

14. Quand consulter un médecin ?

Tout symptôme évocateur d'un dérèglement thyroïdien (fatigue inexpliquée, palpitations, prise ou perte de poids rapide, frilosité ou intolérance à la chaleur) justifie un dosage sanguin de la TSH avant toute démarche naturelle. Si vous suivez déjà un traitement thyroïdien, ne l'interrompez ni ne le modifiez jamais sans l'accord de votre médecin, et signalez-lui systématiquement toute plante ou complément que vous envisagez d'y associer. Consultez sans délai en cas de palpitations très marquées, de tremblements importants, de fièvre inexpliquée ou de gonflement rapide et douloureux du cou : ces signes peuvent traduire une décompensation thyroïdienne, notamment une crise thyréotoxique, qui relève d'une prise en charge médicale urgente.

15. FAQ - L'expertise herboriste sur la thyroïde

Puis-je associer ces plantes à mon traitement thyroïdien (Lévothyrox, antithyroïdiens) ?

Les plantes présentées ici peuvent modifier les taux hormonaux et fausser les résultats d'analyses. Il est impératif de consulter votre médecin ou endocrinologue avant toute cure naturelle si vous êtes déjà traité.

Quelle est la meilleure plante en cas d'hyperthyroïdie ?

Le lycope : c'est la seule plante de ce guide à disposer d'études cliniques chez l'être humain pour cette indication. La mélisse partage son mécanisme d'action documenté en laboratoire et peut lui être associée.

Quelle est la meilleure plante en cas d'hypothyroïdie ?

L'ashwagandha, qui dispose d'un essai randomisé en double aveugle contre placebo chez des patients en hypothyroïdie infraclinique. Le fucus (varech) reste pertinent lorsque l'hypothyroïdie relève d'une carence d'apport en iode, sous réserve d'un avis médical.

Pourquoi certaines plantes citées ailleurs n'apparaissent-elles pas dans ce guide ?

Parce que nous vérifions chaque indication dans la littérature scientifique avant de la publier. Plusieurs remèdes largement répandus pour la thyroïde, notamment certaines huiles essentielles, ne reposent sur aucune étude identifiable - nous préférons les écarter plutôt que de les présenter comme documentés.

L'alimentation suffit-elle à réguler la thyroïde ?

Non, mais elle constitue un pilier important en complément d'un suivi médical : apport en iode, sélénium et zinc adapté en cas d'hypothyroïdie, limitation des excitants et consommation libre des légumes crucifères en cas d'hyperthyroïdie.

Quels sont les symptômes d'un dérèglement thyroïdien ?

En hyperthyroïdie : perte de poids, insomnies, palpitations, intolérance à la chaleur. En hypothyroïdie : fatigue, frilosité, constipation, prise de poids, chute de cheveux.

La mélisse est-elle déconseillée en cas d'hypothyroïdie ?

Oui : la mélisse limite la fixation de la TSH sur ses récepteurs, un effet contre-productif si votre thyroïde est déjà ralentie.

Le sélénium est-il toujours bénéfique en cas de thyroïdite de Hashimoto ?

Non. Une large cohorte récente associe la supplémentation sans carence confirmée à une aggravation des marqueurs d'auto-immunité et à une mortalité accrue. Un dosage sanguin préalable et l'avis de votre médecin sont indispensables avant toute cure.

Le fucus (varech) est-il sans danger pour la thyroïde ?

Pas systématiquement : un excès d'iode peut aggraver une thyroïdite de Hashimoto et il est contre-indiqué en cas d'hyperthyroïdie. Il est réservé à l'hypothyroïdie par carence d'apport, sous réserve d'un avis médical.

Le gugul stimule-t-il vraiment la thyroïde ?

Cette indication repose sur une étude animale, jamais confirmée chez l'être humain. Le seul essai randomisé humain disponible a même rapporté de possibles troubles thyroïdiens parmi ses effets indésirables. Il s'agit donc d'une piste traditionnelle à manier avec prudence, pas d'un stimulant thyroïdien établi.

La gemmothérapie est-elle efficace pour la thyroïde ?

Aucune étude ne le démontre. Le cornouiller sanguin et la viorne relèvent des répertoires classiques de gemmothérapie, une tradition identifiable mais non validée expérimentalement pour cette indication.

Combien de temps dure une cure de plantes pour la thyroïde ?

Généralement de 3 semaines à 25 jours selon la plante, avec une pause d'une semaine avant renouvellement éventuel - toujours en respectant la posologie indiquée sur chaque produit.

Peut-on utiliser l'ashwagandha en cas de maladie auto-immune de la thyroïde ?

Avec prudence : l'ashwagandha a un effet immunomodulateur qui justifie l'avis préalable de votre médecin en cas de thyroïdite de Hashimoto ou de maladie de Basedow.

Quand consulter en urgence pour un problème de thyroïde ?

En cas de palpitations très marquées, de tremblements importants, de fièvre inexpliquée ou de gonflement rapide et douloureux du cou, qui peuvent traduire une décompensation thyroïdienne nécessitant une prise en charge médicale immédiate.

Louis Gobron, herboriste diplômé et fondateur de Louis Herboristerie

Cet article a été rédigé par l'équipe d'experts des Herboristeries Louis pour vous apporter des conseils naturels basés sur la tradition herboriste.

À propos de l'auteur : Louis Gobron
Passionné par le pouvoir thérapeutique des plantes, Louis Gobron est le fondateur de Louis Herboristerie. Herboriste diplômé en 2011 de l'IFAPME, il s'attache à faire revivre l'herboristerie traditionnelle en y apportant une rigueur scientifique moderne. Installé comme herboriste ardennais, lui et toute son équipe vous accueillent et vous conseillent au sein de 4 herboristeries situées à Charleville-Mézières, Saint-Ouen-sur-Seine (Paris), Tours et Le Touvet (près de Grenoble), en plus d'une boutique en ligne certifiée. Accompagné par son équipe de naturopathes, il rédige et valide chaque conseil et remède pour vous guider en toute sécurité vers une santé naturelle.

Quelles plantes pour la thyroïde ? Le guide de l'herboriste pour l'hyperthyroïdie et l'hypothyroïdie